Orgies et Possession
L'orgie
revêt presque toujours un caractère sacré. Il s'agit d'aller
au-delà de l'individuation' et de fusionner avec ses semblables,
la nature, et les dieux. On se mêle à autrui dans le chaos,
et le sentiment de sa propre identité devient confus. Pour
chaque individu, le sens de soi se perd et quelque chose d'autre
vient s'y substituer.
Les Grecs usaient de deux termes pour exprimer cet état :
enthousiasmos (enthousiasme), c'est-à-dire l'état de possession
par un dieu, et ectasies (extase), état qui consiste à " sortir
de soi ". L'extase devait être provoquée, au cours des fêtes
religieuses, par la musique , l'alcool, la danse, la frénésie
sexuelle,ou encore des substances hallucinogènes comme l'ergot
de seigle (aux effets comparables au LSD). A Athènes, les
mystères d' ELEUSIS voués à la déesse Déméter, déesse de l'agriculture,
étaient célébrés au printemps en association avec le culte
orgiaque de DIONYSOS. On associe généralement au dieu du vin
et de la fertilité une frénésie sexuelle démesurée et incontrôlable.
Il est fréquemment représenté ivre et efféminé. Le travestisme
caractérisait d'ailleurs les orgies sacrées. Mais plutôt que
de réunir en soi la somme des deux sexes , il s'agissait plutôt
d'abolir toutes les frontières. Ces orgies permettent une
libération salvatrice des forces du sexe et mettent, pour
un moment, les cadres rigides de la cité entre parenthèses.
Elles permettent aussi d' établir une provisoire mais complète
égalité homme / femme . Les fêtes dionysiaques ont réussi
à s'intégrer dans des religions plus strictes, comme le christianisme.
Des éléments des Saturnales romaines, caractérisés par des
réjouissances immodérées, se sont parfaitement intégrés à
la fête de NOÊL.
|
|
" L'adoration du Phallus"
Toutes les grandes religions ont emprunté à d'autres
des éléments de culture populaire trop ancrés pour être
supprimés. Dans
presque toutes les religions existantes, il demeure
un écho de très anciennes pratiques, comme l'adoration
du phallus, lié aux rituels de fertilité. Le phallus
en érection a toujours été vénéré comme symbole de vie
et de puissance. On le retrouve d'ailleurs fréquemment
sur les peintures rupestres, associé aux scènes de chasse.
Le dieu égyptien MIN était représenté sous la forme
d'une figure humaine ithyphallique(en érection permanente).
Comme beaucoup d'autres divinités phalliques, il était
aussi le dieu des routes, le guide, le protecteur des
voyageurs et le gardien des frontières. Les représentations
primitives du dieu Hermès étaient un bloc de pierre
quadrangulaire avec, en bas-relief, un pénis en érection.
Hermès n'était pas seulement le guide des vivants, il
était aussi le psychopomos, " le guide des âmes ". Au
japon, les représentations de dieux phalliques se trouvent
toujours par milliers aux coins des champs de riz. Elles
garantissent ainsi la fertilité des cultures, et chassent
les mauvais esprits. Toutes les religions conservent
des traces de cultes phalliques. En Avril, au Japon,
a toujours lieu la fête phallique de KAWASAKI . Dans
le christianisme,l le culte phallique survécut en l'
"ennemi " , sous la figure d'un Satan priapique, qui
ressemble étonnement au dieu PAN, et sous les formes
extravagantes de saints priapiques.
L'orgasme originel
Si ADAM et EVE n'avaient pas commis le péché
de désobéissance en mangeant le fruit qui leur avait
été interdit par DIEU, les êtres humains procréeraient,
selon le CHRISTIANISME, dans une " sainte joie " qui,
en impliquant seulement l'esprit, permettrait à l'Homme
d'utiliser les organes reproducteurs sans réaliser le
péché mortel de la concupiscence qui est intrinsèque
dans le plaisir sexuel. Comme preuve démontrant que
céder aux tentations de la chair est cause de réprobation
et de condamnation de la part de DIEU, les défenseurs
de la morale chrétienne nous disent qu'ADAM et EVE,
pris par la honte après avoir accompli l'acte, cachèrent
leurs attributs génitaux. L'église, dès les débuts de
sa fondation, a toujours été contraire à tout rapport
sexuel. Elle ne concéda à ses adeptes le permis de s'épouser
que lorsque, à la suite de la non-réalisation d'une
prophéthie qui annoncait comme imminente la fin du monde,
elle fut obligée de reconnaître que l'interdiction de
toute forme d'accouplement aurait amené l'extinction
de l'espèce humaine. L'église autorisa les mariages
à la condition que les époux se conforment de la manière
la plus scrupuleuse aux lois de sa morale. Une fois
les règles établies, L'église imposa à ses adeptes de
les déclarer à des confesseurs, qui décidaient au nom
de DIEU quelle était la punition à donner sous forme
de pénitences. Celles-ci variaient selon la gravité
des péchés qui pouvaient être véniels ou mortels. La
confession était également d'une grande efficacité politique.
En l'imposant aux rois et aux empereurs chrétiens, l'église
pouvait contrôler par le moyen de leur confesseur toutes
les décisions d'état.
|
|