Islam : Sensualité et Interdits
L'islam mélange, à propos de la sexualité, différents éléments
judaïques, chrétiens et arabes. Mahomet déclara que " l'on devait
se réjouir du monde entier mais que la meilleure chose était
une femme excellente ". Le prophète refusa le monachisme pour
l'islam, et condamna le célibat, à condition bien sûr de respecter
l'abstinence rituelle pendant les heures diurnes du ramadam
et pendant le pèlerinage à la mecque. La sexualité est encouragée
par le Coran à condition qu'elle ne soit pas incompatible avec
la piété. Le prophète était polygame, et l'un des plus célèbres
versets du Coran dit : "marie-toi avec autant de femmes qu'il
te semble bon, deux , trois ou quatre…. Mais si tu crains de
ne pas être équitable,prends-en une seule . " On peut interpréter
ce verset de deux manières totalement opposées : soit il incite
l'homme à épouser autant de femmes qu'il le désire s'il en a
les moyens financiers, soit il incite au contraire à la monogamie,
aucun homme autre que le prophète ne pouvant prétendre à l'équité
avec plus d'une femme. Certains versets du Coran décrivent les
délices érotiques qui attendent les hommes au paradis. Les hommes
en effet y sont accueillis par des " houris ", jeunes filles
aux yeux vifs et aux seins plantureux, "amoureuses et d'âges
égales. " Les poètes arabes ont toujours loué la beauté, ainsi
que la quête de l'aimé, " qui vient comme un voleur dans la
maison la nuit " Le moins que l'on puisse dire, c'est que certaines
traditions ont beaucoup fait fantasmer les occidentaux. Le mot
harem signifiait " interdit " et dérive de l'arabe " haram "
qui signifie aussi " sacré ". Le manque d'informations sur ce
qui se passait à l'intérieur du harem donna naissance à des
créations comme les contes des Mille et une nuits, jusqu'aux
peintures d'ingres (l'Oda-lisque, le Bain turc) ou de Matisse.
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La
femme du harem, aussi belle qu'inaccessible, fut l'objet
de tous les fantasmes. Au 8éme siècle, le harem inspira
une nouvelle forme de poésie dans laquelle l'inaccessibilité
de l'aimé était un élément de plus de sa perfection.
L'amoureux exaltait la beauté de la femme et, donna
naissance à une forme de pur amour ayant peut-être influencé
les troubadours du moyen-âge. Aujourdhui, les crimes
du djiadisme ont tendance à nous faire oublier que l'islam
peut être une religion ouverte et tolérante. C'est dans
ce contexte crispé que Malek Chebel , docteur en psychopathologie,
anthropologue et historien des religions, publie un
remarquable " Dictionnaire amoureux de l'Islam ". Selon
lui, rares sont les religions qui comme l'islam ont
accordé une telle place à la beauté et à la sensualité.
Selon Malek Chebel, il s'agit de militer pour un islam
authentique, dans l'exercice duquel l'homme vit pleinement
sa vie terrestre. Il insiste sur l'idée que selon certains
textes l'amour divin passe par l'amour charnel. Quand
on questionnait le prophète sur ce qu'il avait aimé
dans ce monde, il répondait : " les femmes le parfum
et la prière ". N'avait-il pas d'ailleurs, neuf femmes
dans son harem ?. La civilisation musulmane, dit Marek
Chabel, " repose sur le fait que la sexualité- dans
le cadre du mariage, bien sûr- est un bienfait de dieu.
" C'est même une obligation pieuse. " En se mariant,
l'homme accomplit la moitié de la religion, dit un hadith.
L'inégalité entre les sexes, tel qu'on la connaît aujourd'hui,
ne se retrouve pas dans l'islam des origines. Le sexe
féminin a d'abord été " libéré ". Le Coran invite même
les hommes à prodiguer " baisers et douces paroles "
plutôt que " se jeter sur sa femme comme le font les
bêtes ". Le Coran a donc inventé le droit au plaisir
pour les femmes, treize siècles avant les féministes.
Voilà une approche dont certains ne veulent pas entendre
parler. Comme l'écrit Fehti benslam dans " La sexualité
en islam ", " la sexualité ouverte, accomplie dans la
joie en vue de la réalisation de l'être, a peu à peu
cédé la place à une sexualité close, morose et comprimée
".
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Pierre des Esseintes
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