Sexe et sacré ... Les chemins de l'extase
Réalisé
par Pierre des Esseintes
Il est rare d'associer ces deux notions ,et pourtant ,si le
dualisme chrétien a opposé l'esprit et la chair, d'autres
religions ont recommandé à l'homme les plaisirs du sexe,
en faisant parfois un véhicule vers la transcendance.
En tout cas, elles ont toutes voulu légiférer ,sur l'incontrôlable
pouvoir du sexe . Soit en tentant de le maîtriser soit en
l'exaltant .La question de la sexualité est tellement importante
qu'elle a toujours revêtu pour l'homme une dimension sacrale
.La religion elle-même est, selon la psychanalyse, une sublimation
de la conduite sexuelle. Les récits mythologiques, les dogmes
religieux, les interdits les rites en disent long sur notre
propension à régler ce qui échappe pourtant à toute maîtrise
c'est-à-dire l'acte sexuel. Pourquoi tant de cérémonies religieuses
mettent-elles en jeu, de manière salvatrice, la sexualité
? Mystique ou charnelle, la quête de l'extase ne relève-t-elle
pas d'un même élan pour échapper- un moment-à notre condition
humaine ?
|
|
" Au commencement "
Mythes de création et guerre des sexes
Les mythes de création en disent long sur les mœurs
humaines,
et sur les rapports entre les sexes. Le mythe grec de
la théologie d'Hésiode présente une suite d' oppositions,
qui résulte de l'éternel conflit entre le masculin et
le féminin. Pour les Grecs,
c' est l'univers qui a créé les dieux et non l'inverse.
CHAOS engendra GAIA (la terre) ,qui s'unit avec son
propre fils OURANOS (le ciel). Celui-ci refoulait dans
les profondeurs de sa mére la terre tous les enfants
auxquels elle donnait naissance. Un jour, GAIA encouragea
l'un de ses fils, le titan CRONOS, à castrer son père.
CRONOS régna alors,à son tour, sur l'univers avec sa
sœur et épouse Rhéa. Jusqu'à ce qu'il apprenne que l'un
de ses enfants le dévorerait un jour.il décida donc
de dévorer chaque nouveau-né enfanté par Rhéa. Celle-ci
réussit à sauver Zeus, qui se rebella contre son pére
et le détrôna. Zeus dévora ensuite sa première femme
,Métis, alors qu'elle était enceinte. Son enfant Athéna,
sortit de sa tête. Ce mythe aussi sanglant qu'incestueux
renvoie à une culture qui institue la domination masculine
sur la femme. Celle-ci était indispensable pour venir
à bout -dans la mesure du possible- des incertitudes
de l'Homme sur sa paternité. La domination de la femme
est pour l'homme le meilleur moyen de contrôler sa descendance,
éviter la tromperie et la bâtardise. Les mœurs des dieux
annoncent généralement celles des humains . Ainsi, le
monde est généralement créé par l'union du ciel et de
la terre, ou d'un dieu et d'une déesse. Le problème
de l'origine de ces créateurs est généralement résolu
par l'idée d'un être primordial androgyne. Au début
du processus de création, cet être se divise en éléments
masculin et féminin. Par extension, l'homme originel
est souvent les deux à la fois. Les récits mésopotamiens
d'un créateur hermaphrodite ont un écho dans la genèse
. Dans le premier temps de la création, DIEU créé le
monde , puis l'homme à son image à la fois masculin
et féminin. Dans le second récit, EVE est tirée d'un
( côté) d'ADAM ( et non pas de l'une de ses côtes, comme
on l'a cru longtemps) . On imagine comment la civilisation
judéo-chrétienne a ensuite traduit et interprété le
texte pour justifier la domination de l'homme sur la
femme. Cela est donc d'autant plus absurde que Jéhovah,
DIEU " LE Pére ", si ouvertement masculin, a lui-même,
originellement, un côté féminin.
|
|